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"Nous sommes tous les deux près du ciel, Madame, Puisque vous êtes belle et puisque je suis vieux"

"Nous sommes tous les deux près du ciel, Madame, Puisque vous êtes belle et puisque je suis vieux"
Ce week end a eu son lot de curiosités. Tout d'abord, ma nouvelle coloc, sur qui je n'ai pas encore suffisamment médit, m'a fourni l'occasion rêvée: elle a convié son copain. Ayant laissé un message: est-il possible que mon copain vienne pour la fin de semaine, je savais qu'un vieux gars ferait son apparition. Il était en effet aisé, compte tenu du caractère de la gueuse, qui pourtant ne s'appelle pas C*****, que le copain n'était pas fréquentable. Commençons par décrire la drôlesse: 21 ans, cheveux teints en blond clair, imperméable beige, robe noire, collants, bottes, lunettes mouches, un verre de mauvais vin dans une main et une cigarette dans l'autre, cette gueuse étudie la littérature anglaise, et à ce titre s'attire mes moqueries perpétuelles. Lorsqu'elle demande pourquoi je ris, et que j'affirme qu'elle s'habille comme une star hollywoodienne pour ne pas dire une escort girl, elle me remercie du compliment. Jeudi matin, je vois donc un homme d'age très mûr dans la salle à manger, je déduis immédiatement que c'est le père de la gueuse. Il me faudra quinze bonnes minutes pour me convaincre que c'est l'amant. Chômeur, monsieur veut monter un parti politique révolutionnaire (sur le modèle suisse, bien qu'il l'ignore, c'est à dire que c'est le peuple qui vote les lois discutées par les députés), qui aura pour mission de détruire le pouvoir de l'argent, des banques en particulier, et leur influence néfaste sur ceux qui nous gouvernent. N'ayant pas lu Marx, il ne peut contrôler mon esprit par son autorité, et l'argumentation reste faible et risible: je n'ai aucun mal à le pourrir. Affabulant sans cesse, comme par exemple sa révision de l'histoire des prix Nobel de médecine 2005, il en devient méprisable. Pour finir, il parle français avec l'accent belge!
Toujours est-il que ce vieil homme fait le malheur d'un de mes colocs, qui est prêt à tout pour séduire la belle, même à organiser mon repas d'anniversaire! Mais il n'a aucune chance face à notre vieux gars qui domine la gueuse par ses rêves de monde meilleur, ses pensées politiques et économiques profondes, son savoir infini et sa maîtrise du théorème du pipeau absolu.

Pour finir ce week end en beauté, j'ai rencontré lundi le parfait gentleman anglais. Arrivant à la caisse d'un supermarché le panier plein de denrées françaises, je décide de laisser passer devant moi une grosse dindon qui n'avait que 8 rouleaux de papier toilette comme article. Alors que je dépose avec la grâce qui caractérise tout français mes aliments sur le tapis roulant, son mari survient conduisant un chariot plein. Il me dit avec son plus fort accent que je peux aller à une autre caisse spéciale pour les paniers, il y en a des vides. Je lui réponds que j'ai laissé passer sa grosse femme car elle n'avait qu'un article, sans préciser que je le trouvais bien à propos, et que puisqu'il se conduit en parfait gentleman anglais, je n'ai d'autre choix que de m'en aller trouver une caisse vide, ce que je fis.
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# Posté le mercredi 22 octobre 2008 08:18

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